Le commentaire du jour

Vendredi 24 avril 2020 : Jn 6, 1-15 Enregistrer au format PDF

Vendredi 24 avril 2020 — Dernier ajout jeudi 23 avril 2020

À l’approche de la Pâque, un coin herbeux, la foule, un garçon, Jésus, Philippe et André, cinq pains, 2 poissons, 12 paniers… Et donc, je ne sais pas vous, mais moi à la première lecture, je suis un peu perplexe et peut-être comme la foule piquée par la curiosité.

Pourtant ce texte, comme tant d’autres dans la Bible, demande qu’on s’y attache pour le dévoiler, loin de toute passivité.

Comme la passivité de tous ces gens à qui on dit de s’asseoir ! On ne les entend même pas dire qu’ils ont faim…

Et pourtant Jésus va être attentif et aller au devant des demandes. Il ne s’adresse pas aux gens mais à Philippe : où acheter du pain ?

Bizarre dans la bouche de Jésus, sa question est simplement de l’ordre de la résolution d’un problème matériel mais qui semble insoluble. Philippe et André ne voient pas le coup venir si on peut dire. Ils répondent au premier degré, c’est logique (j’aurais fait pareil…). Depuis le début, Jésus dirige les opérations : Alors Jésus prit les pains et, après avoir rendu grâce, il les distribua aux convives.

C’est à cet instant que tout se joue dans le texte. Si on lit attentivement, on voit que « les pains », au nombre de cinq, se transforment en « les », petit mot de trois lettres, normalement destiné à éviter les répétitions, mais qui là va avoir une autre fonction et recouvrir une autre réalité que celle du départ.

On ne nous dit pas comment cela s’est produit, ce que les témoins de la scène ont vu (pas de chapeau magique…), comment de cinq pains, on passe à une quantité telle que 5000 hommes vont être rassasiés (et les femmes et les enfants…).

Un seul élément pour nous mettre sur la piste : « et, après avoir rendu grâce ». Ce moment préfigure le repas eucharistique. Une différence cependant, fondamentale, la foule ici présente n’hésitera pas à réclamer la croix alors que nous, en assemblée de croyants, après le « Rendons grâce au Seigneur notre Dieu », nous donnons notre assentiment à chaque fois renouvelé, « Cela est juste et bon ».

Jésus bien sûr sait le rôle de la foule ensuite. Mais il est venu pour nous délivrer un message inouï : après le repas en abondance, il en restera encore. Pour ceux qui feront le chemin vers Lui et qui désireront vraiment participer au festin, il y en aura encore et encore. Quel paradoxe, écrire ça aujourd’hui en ce temps étrange où nous ne pouvons pas approcher la Table !

Pourtant, je reste persuadée que malgré tout, nous communions vraiment ensemble, avec beaucoup de présence et d’intensité parce que nous le voulons et que l’Esprit de Dieu nous accompagne et nous emplit de sa grâce, sans cesse.

Et c’est certain, le retour à la Table sera un moment très fort.