Le commentaire du jour

Vendredi 19 juin 2020 : Mt 11, 25-30 (Sacré-Cœur de Jésus) Enregistrer au format PDF

Vendredi 19 juin 2020 — Dernier ajout jeudi 18 juin 2020

Depuis plusieurs chapitres, Jésus discourt sur la mission. Le texte d’aujourd’hui se situe entre 2 polémiques assez vives de Jésus au sujet de villes riveraines du lac de Galilée qui refusent de se convertir -Jésus l’exprime à la manière des prophètes de l’ancien testament- et une controverse tout aussi vive sur le sens du sabbat.

Mais le passage d’aujourd’hui est plein d’espérance et de douceur. Jésus prie et loue son Père en disant : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits que nous cache le Père ? Apprendre, comprendre, intellectualiser une parole, une action de Jésus c’est une chose, mais prendre son temps ou le perdre, approfondir, méditer, se laisser toucher voilà la révélation aux “tout-petits”. Dans une maison de retraite, un monsieur âgé m’a dit “j’essaie de redevenir comme un petit enfant” cette réflexion m’a interrogée. Oui, redevenir un tout-petit : se laisser toucher, s’émerveiller du quotidien, être curieux du monde, être humble, s’ouvrir à l’écoute de son cœur pour accueillir totalement le Père.

La deuxième partie de ce passage porte sur la pénibilité et le besoin de repos Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. Jésus nous invite à prendre son joug, mais quel fardeau, curieux moyen pour s’allèger ! Son invitation c’est un attelage, un jumelage, une relation étroite et intime qu’il nous propose pour supporter ce qui nous écrase : marcher avec lui pour faire de notre vie une vie de relation, d’accueil pour alléger nos fardeaux.

Je reprends volontiers la belle réflexion de Christian Bobin dans son livre Le Très-Bas [1] : Dieu c’est ce que savent les enfants, pas les adultes. Un adulte n’a pas de temps à perdre à nourrir les moineaux.

[1Éd. Gallimard, 1995.