Eclairage

Un mois extraordinaire Enregistrer au format PDF

Mardi 1er octobre 2019
C’est l’heure exquise et matinale
Que rougit un soleil soudain.
À travers la brume automnale
Tombent les feuilles du jardin.

Une fois n’est pas coutume… Un brin de poésie sera le bienvenu pour accueillir l’automne. Tirés de Matins d’octobre ces vers de François Coppée me viennent à l’esprit pour introduire mon éclairage mensuel.

De ce mois d’octobre aux couleurs chaleureuses généralement dédié aux missions, le pape François nous demande cette année d’en faire un « Mois missionnaire extraordinaire » à l’occasion du centenaire de la promulgation de la lettre apostolique Maximum illud, par Benoît XV : « Allez dans le monde entier et proclamez l’Évangile à toute la création » (Mc 16, 15). Voilà la parole dont a été inspiré le thème : Baptisés et envoyés.

Disciples-missionnaires

Puisque le mois missionnaire aborde cette année la mission de chacun en partant du baptême qui fait de nous des « envoyés », me vient spontanément à l’esprit la notion de « disciples-missionnaires ». Tirée de l’exhortation apostolique Evangelii Gaudium, la joie de l’Évangile, cette expression montre qu’on ne peut pas être disciple sans être missionnaire les deux termes sont liés : Missionnaire par son baptême, chaque baptisé quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi est un sujet actif de l’évangélisation. §120

La piété populaire

À deux reprises dans le paragraphe suivant, François évoque la force évangélisatrice de la piété populaire comme étant l’expression authentique de l’action missionnaire spontanée du peuple de Dieu.

S’il est un lieu où il nous est donné d’expérimenter cette force évangélisatrice-là, c’est bien lors des pardons. Pour ma part je la vis chaque année le 15 août à la Clarté sur le tertre face à la mer où la Vierge est portée en procession, et depuis tant d’années la même émotion me saisit en voyant ce peuple rassemblé. Ils sont encore nombreux les pèlerins qui ont quitté leur maison de bonne heure pour marcher simples et confiants jusqu’à ce tertre, et si des espaces libres me disent l’absence d’êtres chers fidèles jadis à ce rendez-vous, c’est dans ma foi en la communion des saints que je vis avec eux ce grand jour. Ici pas d’apparition ni de grands miracles, mais combien de conversions dans le cœur des habitués comme dans celui des touristes !

Et lorsque la procession se met en marche, au-delà d’un apparent folklore je ne vois plus que l’amour de ceux qui ce jour-là acceptent de porter haut les couleurs de leur foi et de celle du peuple qui les accompagne en chantant les cantiques de leurs ancêtres ; ceux qui égrènent leur chapelet comme des enfants balbutiant toujours les mêmes mots à des parents qui les comprennent, et repartent le cœur en paix après avoir allumé un cierge souvenir de leur passage et de leur prière.

Procession du Pardon la Clarté

La piété populaire dit le pape François, est le lieu de l’évangile inculturé. C’est une spiritualité incarnée dans la culture des humbles ; à leur manière, ceux qui la vivent sont des disciples- missionnaires témoins de l’âme d’un peuple touché par la grâce et vivant la joie de l’Évangile.

Sortir de chez soi, être pèlerin, oser témoigner de sa foi : à la Clarté comme dans tant de lieux, l’évangélisation simple se vit sous le regard de Marie qui nous précède : Voici ta mère, voici ta fille, voici ton fils !

Gwerc’hez ni a zo o pugale, hag ho kar evel hom zud koz
Vierge, nous sommes vos enfants et nous vous aimons comme nos ancêtres.
Marie-Anne Giron-Le Bail