Edito

Décembre 2010 : Saint François et la crèche (Archives) Enregistrer au format PDF

Samedi 4 décembre 2010 — Dernier ajout vendredi 4 août 2017
Noël - merci pour la joie et l'émerveillement de cette naissance - lumière qui nous guide sur le chemin.
Noël - merci pour la joie et l’émerveillement de cette naissance - lumière qui nous guide sur le chemin.

Le premier biographe de François, Thomas de Celano, a souligné son attachement à l’Incarnation du Christ autant qu’à sa Passion. Cela explique ce qui s’est passé à Greccio : deux semaines avant la fête de Noël, il s’adressa au seigneur du village. Saint François lui fit savoir qu’il voulait célébrer la nuit de la Nativité avec beaucoup de solennité. Il lui demanda tout ce qui pouvait évoquer le souvenir de la naissance de Jésus à Bethléem, en précisant : Je veux le voir de mes yeux de chair, couché dans une mangeoire et dormant sur le foin, entre un bœuf et un âne.

Il veut voir de ses yeux comment s’est passé cette naissance du Sauveur dans toute sa pauvreté et son dépouillement. Il ne s’intéresse qu’au décor extérieur : une mangeoire, du foin, le bœuf et l’âne. La crèche de Saint François est une crèche vide. Et ce n’est pas non plus une crèche vivante avec des personnes qui jouent un rôle. Il n‘y a ni Marie, ni Joseph, ni bergers et surtout pas d’enfant Jésus. Une crèche vide mais avec beaucoup de fidèles pour participer.

Alors que désire Saint François en disant avec force qu’il veut voir de ses yeux comment ça s’est passé ? Ce qu’il veut voir, c’est la pauvreté de l’Incarnation du Fils de Dieu dans le dénuement de la grotte de Bethléem.

Et ce n’est pas tout. La messe est célébrée au même endroit et François tient à ce que l’autel soit posé sur la mangeoire elle-même. Pour François, la crèche et l’autel, c’est ‘’tout un’’ car la vraie naissance de Jésus, c’est la descente du Corps du Christ sur l’autel de la messe. « Chaque jour il s’abaisse exactement comme à l’heure où, quittant son palais royal, il s’est incarné dans le sein de la Vierge ; chaque jour, c’est lui-même qui vient à nous, et sous les dehors les plus humbles ; chaque jour il descend du sein du Père sur l’autel entre les mains du prêtre ».

La leçon est claire : François ne sépare pas, il unifie Noël et la messe. D’une certaine façon, pour lui la messe est un nouveau Noël.

Texte proposé par Jean-Yves Moisan d’après Frère Gérard Guitton, dans Chemins de saint François, n° 60.