Premier dimanche de l’Avent : Homélie du Père Mickaël (Archives) Enregistrer au format PDF

Lundi 2 décembre 2019 — Dernier ajout samedi 21 décembre 2019

Une bougie ! Pour quoi faire ?

Pour fêter un anniversaire ? Oui, en effet, notre paroisse pourrait souffler sa première bougie. Il y a à peu près un an, le 9 décembre, nous étions rassemblés autour de notre évêque en cette église pour la célébration de fondation de notre paroisse, baptisée « Paroisse de la Bonne Nouvelle ».

Une bougie… Un an, c’est à la fois long et court !

Il s’en passe des choses dans la vie d’un petit enfant en un an : la découverte du monde, les cris, les pleurs, les regards, les câlins… le « 4 pattes », les premières chutes… que de changements en un an !

Dans la vie de notre jeune paroisse, il s’en est passé des choses en un an, et pas seulement à l’intérieur de nos églises ou de nos chapelles : des découvertes, des regards, des pleurs, des incompréhensions, des consolations, des chutes, des hésitations, des mains tendues, des réussites…

Comment allons-nous ? Comment va notre paroisse ?

Pour parler de notre jeune paroisse, qui n’est certes pas notre bébé, nous pourrions nous inspirer de la réponse que font des jeunes parents lorsqu’on leur demande comment ils vont. Ils évacuent assez vite les nuits de veille et leur fatigue, pour nous partager surtout la joie qui les anime, les moments d’émerveillement devant leur enfant.

A un an, la paroisse de la Bonne Nouvelle atteint l’âge des premiers pas, l’âge de la station debout, et bientôt l’âge des premiers mots… l’apprentissage d’une nouvelle façon d’être au monde.

Comment va notre paroisse ?

À un an, notre paroisse se tient debout, elle marche. Nous pourrions répondre : « ça marche ! », « ça fonctionne ! ». Cette réponse n’est pas suffisante ou plutôt elle n’est pas appropriée. On ne dit pas d’une personne : « ça fonctionne ! ». L’Église n’est ni une machine, ni une boutique. L’Église est un corps, un être vivant ! Elle vit, elle grandit, elle apprend à se tenir debout, à faire face à sa mission : être elle-même, être « l’Église dans le monde de ce temps ». Elle apprend à parler … et à écouter, à entrer en dialogue.

Naissance, baptême, premiers pas … un autre événement dont se souviennent souvent les parents : le jour où leur enfant prononce pour la première fois « Papa » ou « Maman » (qui marque comme le début d’une relation nouvelle)

Pour nous chrétiens, que signifie dire : PAPA ?

En 4 mots, c’est être une Église :

  • qui Prie, Qui prie vit disait un vieux moine. Notre prière est aussi essentielle pour le monde que les forêts pour la planète. La prière agit comme une bouffée d’oxygène.
  • qui Annonce la Bonne Nouvelle de Jésus vivant, ressuscité.
  • qui Partage ses talents, ses dons au service des autres.
  • qui Aime.

Chaque fois que des chrétiens, même à quelques-uns, se réunissent pour prier, annoncer le Christ, partager, aimer, l’Église vit, respire, grandit, avance en direction du Royaume.

L’Église ne vit pas seulement là où la messe est célébrée, là où le curé est présent, là où se comptent les quêtes, là où ont lieu les réunions … Le cœur de l’Église vivante bat là où l’Évangile est pris au sérieux, là où la Bonne Nouvelle de Jésus Christ est méditée, vécue, annoncée, là où le Christ prend la 1re place.

À ses disciples, Jésus lance cet avertissement : Tenez-vous donc prêts, c’est à l’heure où vous n’y penserez que le Fils de l’homme viendra (Mt 24, 44).

Cette mise en garde vaut pour nous aujourd’hui. Le Christ veut faire irruption dans notre vie, dans notre cœur, dans notre humanité. Il vient sans prévenir, il débarque chez nous, nous dit l’évangile, comme le déluge au temps de Noé, ou encore comme un voleur.

Une bougie ! Pour quoi faire ?

Aujourd’hui, en allumant cette bougie, ce n’est pas notre anniversaire que nous célébrons, mais bien le 1er dimanche de l’Avent, la 1re étape de notre marche vers Noël. C’est bien plus essentiel ! Avec ce temps de l’Avent, 24 jours me sont offerts pour faire grandir en moi le désir de la venue du Christ. Noël, c’est bien autre chose que de fêter l’anniversaire de Jésus (Imaginez un instant, s’il fallait mettre 2019 bougies sur son gâteau d’anniversaire). A Noël, ce n’est pas un vieux Jésus que nous accueillons, c’est le Christ vivant, ressuscité !

Sommes-nous prêts à laisser le Christ débarquer dans notre vie ? Sommes-nous prêts à lui laisser la 1re place, à être chrétiens pour de bon, à le suivre comme ses disciples ?

Quand je suis face à mes limites, mes incapacités pour aimer pour mon frère, ma sœur, suis-je prêt à lui dire : « Seigneur, passe en 1er , je te suivrai ! » ? « Que ce ne soit pas d’abord ma volonté, mes préférences qui me guident mais bien ta volonté d’amour ! Non pas ma volonté, mais TA volonté ! »

Durant ce temps de l’Avent, cultivons ce désir d’accueillir le Christ dans les plus petites choses, invitons-le à nous précéder dans nos décisions du quotidien.

Dimanche après dimanche, la lumière va grandir : 1 bougie, puis une 2e , une 3e , une 4e .

Frères, c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil (…) La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche … (Rm 13, 13)

Chaque jour de l’Avent, chaque matin, en me réveillant, j’ouvrirai une nouvelle fenêtre de mon calendrier. Par ce simple geste, je signifierai mon intention d’inviter Jésus à entrer un peu plus dans ma vie, comme la lumière du soleil et l’air frais du matin pénètrent à l’intérieur de notre maison.

Entrer dans le temps d’Avent, c’est accepter de devenir veilleurs, veilleuses, c’est accueillir la lumière du Christ pour qu’elle emplisse toutes les pièces de la maison, pour qu’elle se diffuse, d’abord en nous, puis autour de nous, et par contagion, jusqu’à gagner le monde entier (cf. Isaïe).

Prenons garde à la tentation de garder la lumière seulement pour nous, entre nous, nous risquons de l’étouffer. La foi, comme la lumière, grandit à mesure que nous la partageons.

L’Église est là où les chrétiens, humblement, quotidiennement, apprennent à dire « PAPA » : prient, annoncent, partagent, aiment : sur la cour de récréation, au travail, à l’EHPAD, dans les différents relais de notre paroisse … D’ailleurs, le mot « relais » ne signifie pas quelque chose de figé, mais suggère qu’il y a interdépendance, passages, rencontres, transmission de la vie que nous recevons d’un Autre, transmission de sa Bonne Nouvelle.

Notre paroisse a maintenant un an, elle apprend tout doucement à marcher, à parler et à écouter. Après un stade où il est uniquement centré sur ses besoins, le jeune enfant s’intéresse au monde qui l’entoure et apprend à entrer en relation. Le temps vient pour nous, paroissiens de la Bonne Nouvelle, d’aller davantage les uns vers les autres, d’un relais à un autre, d’aller à la rencontre de nos frères et sœurs que nous ne connaissons pas encore pour être l’Église des enfants de Dieu qui prient, qui annoncent, qui partagent, aiment.

Il n’y a rien de plus beau que d’être rejoints, surpris par l’Évangile, par le Christ. Il n’y a rien de plus beau que de le connaître et de communiquer aux autres l’amitié avec Lui. (Benoit XVI)