Novembre 2019 : Le temps Enregistrer au format PDF

Jeudi 31 octobre 2019

Le temps et l’espace sont si constitutifs de notre nature humaine que nous en avons pris possession comme d’un bien propre. On peut prendre son temps ou perdre son temps et non du temps ; j’ai ou je n’ai pas le temps. Je peux perdre ou gagner du temps. Le temps, nous l’avons mesuré, divisé, calculé ; il prend alors de l’importance car le temps, c’est de l’argent. Il rythme notre vie et lui confère sa qualité : je cours après le temps ou je regarde passer le temps. Il peut avoir un coût, si je me paye du bon temps. Il m’offre le luxe de me montrer généreux y compris envers lui-même : je donne du temps au temps. Mais il nous échappe parfois et nous joue des tours : une même durée mathématique de temps est trop brève pour un activiste qui n’a pas vu le temps passer et trop longue pour le solitaire ou le malade pour qui les heures s’étirent sans fin. Finalement, quand il se montre trop capricieux, on s’en débarrasse, on cherche un dérivatif radical, on tue le temps.

En tout cela, nous oublions que le temps nous est donné, il est un cadeau de Dieu. A cause du péché, nous le vivons comme une contrainte, une limite, une souffrance. Le temps nous est compté sur terre, nous en redoutons la fin, si bien que des scientifiques s’acharnent à reculer cette échéance et promettent sans sourciller de nous faire vivre bientôt jusqu’à mille ans. Mon Dieu quel ennui ! C’est oublier que, pour chacun de nous, le temps est une parcelle d’éternité. Dieu, l’Eternel, Dieu pour qui « mille ans est comme un jour » dit la Bible, Dieu est entré dans notre temps pour le remplir de sa vie, de son éternité. Dès à présent, avec Jésus, nous sommes dans l’éternité.

C’est ce que nous rappelle le temps liturgique. Une année liturgique va s’achever fin novembre, une autre va aussitôt commencer ; tout au long de l’année, les textes de la Parole de Dieu nous aident à tenir les deux bouts du temps, si l’on peut dire qu’il y a deux extrémités à l’éternité. Le temps liturgique me donne ma place dans le temps de Dieu : Dieu préexistant à sa Création, Dieu s’incarnant dans la Création, dans le temps que je vis, Dieu qui fait de moi son enfant, qui me donne sa vie et donc son éternité. Ca vaut le coup d’y consacrer du temps pour s’en émerveiller, non ?

Alain Sonneck