Éclairage

Méditation, une hygiène de vie Enregistrer au format PDF

Lundi 2 juillet 2018 — Dernier ajout samedi 6 octobre 2018
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C’est le titre d’un documentaire télévisé du 16 mai dernier sur Arte. Son but : nous démontrer les bienfaits de la méditation pour le corps autant que pour l’esprit. la gymnastique mentale qu’elle favorise pourrait même comme une cure de jouvence et favoriser un espoir dans la prévention de certaines maladies.

De quel type de méditation s’agit-il ?

ll s’agit ici de la méditation dite de « pleine conscience » qui tient une place essentielle dans le bouddhisme et qui consiste à se concentrer sur la respiration en goûtant l’instant présent. Remise au goût du jour, elle fait de plus en plus d’adeptes, les médias en parlent et proposent des méthodes. Dépouillée de toute référence religieuse, la méditation de pleine conscience est à notre cerveau ce que le sport est à notre corps, dit Christophe André, un médecin psychiatre auteur de nombreux livres sur le sujet.

On ne peut que se réjouir de la prise de conscience qu’elle fait prendre d’une vie intérieure, et des bienfaits qu’elle apporte : prendre du temps gratuitement pour soi, lâcher-prise, se concentrer, laisser passer les idées sans les juger ni se laisser dominer par elles…

Mais si ce détour par le bouddhisme pour redécouvrir ce qu’est la méditation est intéressant, il ne faut pas oublier qu`il existe aussi une méditation chrétienne. Méditation, une hygiène de vie

La méditation chrétienne

À la différence de la méditation de pleine conscience, la méditation chrétienne fait entrer dans la prière. Centrée non pas seulement sur soi, mais sur le Christ, elle est attentive non pas seulement à sa respiration, mais au Souffle divin.

Qu’elle soit lectio divina, oraison ou tournée vers la contemplation, la méditation chrétienne a souvent pour support un texte de la Bible. Elle permet de regarder sa vie à la lumière de la Parole de Dieu, et de faire une relecture de son vécu. Méditer est un exercice propice à un beau voyage intérieur puisqu’il fait passer de l’extériorité à l’intériorité, de l’état d’agitation à celui d’une paix favorisant l’écoute de la présence de Dieu dans le silence.

« Et lui se retirait dans un lieu désert, et il priait » (Lc 5, 16)

Avez-vous remarqué que Jésus prie souvent seul ? Luc, l’évangéliste qui parle le plus de la prière de Jésus, nous dit qu’il se retirait sur une montagne ou dans un endroit désert pour prier son Père.

Ce « lieu désert » pour nous en ce temps de vacances, pourquoi ne serait-il pas le bord de mer, un coin de rocher pour un matin de lumière ou un coucher de soleil, une halte dans la fraîcheur d’une chapelle ? Prendre le temps de s’émerveiller devant la création, écouter le chant des oiseaux ou le frémissement du vent dans les branches, le murmure du ruisseau dans la campagne, les galets qui roulent. Fixer son attention sur l’écume des vagues, méditer sur les marées hautes ou basses ou marcher lentement.

Se rendre ainsi présent au Créateur qui parle à travers sa création, goûter à la paix et à l’harmonie en faisant provision de beauté dans les choses simples qui nous entourent, s’émerveiller et s’ouvrir à une contemplation menant à une autre contemplation plus profonde vers la louange et l’action de grâces, chacun à son rythme.

Un recueil de méditations

ll existe de nombreux écrits sur les méthodes de méditation, mais s’il est un livre qui peut nous aider, c’est celui des psaumes : méditations, prières et louanges y sont prononcées par diverses personnes en diverses circonstances sous l`action de l’Esprit-Saint. Les psaumes sont des cris du cœur du peuple de Dieu ; Jésus lui-même a prié avec les psaumes.

Que les merveilles de notre région deviennent pour chacun de nous occasion de rendre grâce et de dire comme Jacob sortant de son sommeil à Béthel :

« Vraiment, le Seigneur est dans ce lieu ! Et moi, je ne le savais pas. » (Gn 28, 16)
« Terre entière acclame Dieu, chante ton Seigneur ! » (Ps 65)
« Bénis le Seigneur ô mon âme, Seigneur mon Dieu tu es si grand ! » (Ps 104)

Article paru dans le n°390 de juillet-août 2018 du bulletin D’une rive à l’autre.