Le Baptistère de Trébeurden Enregistrer au format PDF

Mercredi 1er juillet 2020 — Dernier ajout vendredi 12 juin 2020

1987 – Le recteur de Trébeurden, l’abbé René Martin, décide de transformer la chapelle de Christ en baptistère, aidé par quelques paroissiens il démonte les fonts baptismaux situés dans ce qui est actuellement l’oratoire et les remonte dans la chapelle.

Pourquoi ? quand on interroge les paroissiens de l’époque, les raisons sont multiples :

1) Lors de son arrivée à Trébeurden, l’abbé Martin avait trouvé le baptistère de l’époque à l’abandon et devenu un réduit à balais occupé par les araignées et les souris.

2) Invité par un groupe de fidèles à une réunion à la chapelle de Christ pour méditer sur une phrase tirée de la Bible, il tombe sur la phrase : « ici tu baptiseras ».

3) Désir de redonner une vie à la chapelle de Christ alors à l’abandon.

4) Profiter du site qu’occupe la chapelle.

Ces fonts baptismaux sont donc installés devant l’autel en pierres et la plupart des baptêmes y ont été célébrés depuis.

A la fin de la cérémonie, pendant la séance-photos traditionnelle sur le parvis pour profiter de la vue exceptionnelle sur la mer : l’île Milliau, l’île Molène, l’île Grande et au loin les Triagoz et les 7 îles, le sacristain courait le plus vite possible à l’église de la Sainte Trinité pour sonner les cloches.

Ces fonts baptismaux, un ensemble de maçonnerie datant du 15e siècle, sont en granit rose, au grain fin et pâle, originaire de Pleumeur-Bodou ou Trébeurden. Il est donc raisonnable de penser qu’ils ont été taillés par un artisan local pour l’église de Trébeurden : cette église dont on a peu de documents, plus ou moins entretenue, fermée pendant la Révolution, a été réouverte en 1804. En 1824, l’abbé le Luyer est nommé à Trébeurden. Il décide d’agrandir l’église et en 1835 ce qui est toujours l’église actuelle est consacrée par l’évêque du diocèse.

Les fonts baptismaux récupérés, très probablement, sont installés dans une petite chapelle qui sert de baptistère (l’actuel oratoire).

Il s’agit d’une grande vasque taillée dans la pierre, au pourtour orthogonal, prolongée sur une face par une petite vasque légèrement en contrebas. Cette pierre repose sur un volumineux pilier orthogonal et posé lui-même sur un socle. La petite vasque s’appuie sur un pilier plus petit et rond en 2 parties. La grande vasque servait à garder toute l’année l’eau bénie lors de la veillée pascale. La petite vasque servait au baptême lui-même. Pour des questions d’hygiène, l’eau puisée dans la grande vasque est versée au-dessus de la petite vasque.

Depuis quelques années, plusieurs personnes se sont émues : ces fonts baptismaux dans l’église depuis 5 siècles devaient retrouver leur place. En effet, une église paroissiale est lieu de rassemblement de la communauté. On la reconnait, entre autres, par la présence d’un baptistère. Mais le baptistère ancien : petit édifice souvent à côté d’une église ou pièce au fond de l’église, n’a plus lieu d’être. Néanmoins les fonts baptismaux doivent être visibles par tous mais sans gêner les déplacements.

Actuellement, plutôt que de pratiquer les baptêmes à l’écart, en petit comité, l’ensemble de la communauté accueille le nouveau baptisé et l’entoure de sa joie pour son entrée dans l’Eglise.

Réunis à plusieurs reprises, le Père Mickaël, curé de la paroisse, les correspondants du relais de Trébeurden, des membres de l’APRT, de la commission diocésaine d’Art Sacré et de la mairie ont d’abord acté le retour des fonts baptismaux dans l’église puis discuté de son emplacement. Finalement, le Père Mickaël décide de les installer sur le bas-côté sud en dehors de l’oratoire et devant le vitrail.

Ceci a été effectué discrètement pendant le déconfinement par l’architecte qui surveille les travaux actuels des chapelles de Penvern et de Bonne Nouvelle : les pierres sont descellées, transportées, les joints en ciment gris enlevés. Le nouveau scellement et les joints sont effectués à la chaux.

Nous vous invitons donc tous à venir les admirer. Choisissez le milieu de la journée et un jour ensoleillé.

Une demande de classement devrait bientôt être faite.

Emmanuel Courcoux
Correspondant du relais de Trébeurden