La participation active des fidèles Enregistrer au format PDF

Vendredi 4 octobre 2019

La participation active des fidèles

Assemblée paroissiale

Paroisse de la Bonne Nouvelle

21 septembre 2019

Texte de Sacrosanctum Concilium N° 14

« La Mère Église désire beaucoup que tous les fidèles soient amenés à cette participation pleine, consciente et active aux célébrations liturgiques, qui est demandée par la nature de la liturgie elle-même et qui, en vertu de son baptême, est un droit et un devoir pour le peuple chrétien. » SC N° 14

Cette demande du Concile suppose que chacun comprenne ce dont il s’agit quand on parle de « participation active des fidèles. »

C’est ce que je vais essayer de faire…

C’est une notion qui a été redécouverte avec le Concile Vatican II.

Sur les 4 constitutions votées, la première, Sacrosanctum Concilium, traite de la liturgie.

Même si le texte ne donne pas une définition explicite de ce qu’est la participation active de l’assemblée, il explique que l’Église se soucie que les fidèles n’assistent pas à la liturgie « comme des spectateurs étrangers et muets, mais que, la comprenant bien dans ses rites et ses prières, ils participent de façon consciente, pieuse et active à l’action sacrée. » (§ 48)

Il précise aussi que cette participation est « intérieure et extérieure » (§ 19), et que pour la promouvoir, « on favorisera les acclamations du peuple, les réponses , le chant des psaumes, les antiennes, les cantiques et aussi les actions ou gestes et les attitudes corporelles. », ainsi qu’ « un silence sacré ».

La participation active de l’assemblée, n’est donc pas une option, elle répond au vrai sens du mot liturgie que nous a rappelé Benoît : Action du peuple.

Pourquoi cette expression « Participation active ? »

Avant Vatican II, on assistait à la messe sans vraiment comprendre ce qui se passait, on n’avait pas accès aux textes bibliques, le prêtre semblait coupé de l’assemblée et le lien entre communion et Eucharistie n’était pas marqué, d’ailleurs on ne communiait pas aux « grands messe » à cause du jeûne eucharistique.

La liturgie était extérieure à la vie de la foi, c’était plus un devoir. Il fallait aller à la messe !

Et pourtant dès la fin du XIX e S un mouvement de réflexion pour réformer la liturgie s’est mis en place. Des travaux de réflexion avaient déjà été entrepris en 1830 par Dom Guéranger un moine de Solesmes ; en 1903 le pape Pie X en rappelait l’importance dans un Motu proprio (Tra le sollecitudini) sur la musique sacrée, dans lequel il demandait la « participation active aux mystères et à la prière officielle et solennelle de l’Église ». Pour la première fois apparaît l’expression « participation active » pour qualifier la place des laïcs dans la liturgie.

Il a été suivi par Pie XI dans l’encyclique sur le culte divin (Divini cultus ) en1928,

puis par Pie XII dans son encyclique Mediator Dei sur les principes de la liturgie en 1947.

Tous ces travaux aboutiront au texte de Vatican II que nous connaissons et à la Constitution sur la sainte liturgie promulguée par le pape Paul VI le 4 décembre 1963 après avoir été adoptée par un vote de 2147 voix contre 4 !

Mais, on ne peut comprendre l’expression « participation active » que si on a conscience que la liturgie est la véritable prière de toute l’Église, de tous les baptisés. »

Il ne faut pas confondre « participation active à la liturgie et « activisme liturgique » ! Ce n’est pas donner quelque chose à faire au plus grand nombre, Ce n’est pas faire ou faire faire quelque chose !

C’est quoi alors ?

C’est susciter une participation intérieure en aidant le peuple de Dieu rassemblé à entrer dans le mystère qu’on célèbre, le mystère pascal du Christ mort et ressuscité.

On peut d’ailleurs rapprocher ce texte d’une autre constitution, celle sur l’Église : Lumen Gentium qui dit que « participant au sacrifice eucharistique, source et sommet de toute la vie chrétienne, les fidèles offrent à Dieu la victime divine et s’offrent eux-mêmes avec elle ; ainsi tant par l’oblation que par la sainte communion, tous, non pas indifféremment, mais chacun à sa manière, prennent leur part originale dans l’action liturgique » (§ 11) C’est ce que la constitution nomme le « sacerdoce commun des fidèles. » 

Comment la participation active s’exprime-t-elle dans la liturgie ?

En vertu de ce « sacerdoce commun des fidèles », c’est donc l’assemblée tout entière qui, avec le célébrant qui la préside, célèbre la liturgie. Le président de l’assemblée rappelle que c’est le Christ qui rassemble.

Concrètement, ce changement s’est manifesté par :

  • le réaménagement de l’espace liturgique avec le retournement de l’autel qui devient le lieu central, et la réintroduction de l’ambon comme lieu de la proclamation de la Parole de Dieu. Ce sont les 2 tables.
  • La concélébration
  • La lecture de l’AT : ouverture à la connaissance de la Bible
  • Les lectures faites par des membres de l’assemblée. Le lecteur rend présente par sa voix, la voix du Christ qui s’adresse à son peuple.
  • L’utilisation de la langue locale avec dialogues et cantiques par l’assemblée :

Le chant est un bon moyen de faire vivre cette participation active par l’alternance nécessaire entre un soliste ou la chorale et l’assemblée.

Participation active ne veut pas dire que tout le monde fait tout ! Non il faut laisser des temps de respiration. D’où l’importance de ne pas encombrer la célébration de monitions, de prières rajoutées, de signes divers.

Participer ce n’est pas non plus faire quelque chose tout le temps ni monopoliser l’action liturgique. Il ne faut pas avoir peur du silence. Ces temps de silence sont justement des respirations intérieures dans lesquels se fait entendre la voix du Christ qui nous conduit à la rencontre avec Dieu.

Autre changement :

  • L’ordination de diacres qui lorsqu’ils sont au service de l’autel, sont avec les servants et les servantes d’autel, figures du Christ serviteur lors de la Cène.
  • Nouveauté aussi : Le calendrier liturgique déploie le mystère pascal et les 3 années (A, B, C), permettent d’entendre 3 évangiles.
  • La redécouverte de la veillée pascale
  • Le développement des équipes liturgiques…

En conclusion

Participer à la liturgie c’est d’abord participer au mystère pascal du Christ pour devenir membres de son corps comme nous l’avons chanté tout à l’heure.

C’est la participation active qui, en donnant du sens à nos attitudes, à nos gestes, à notre écoute, à nos chants, à notre prière, en y mettant une âme, nous fait vivre le chemin de Pâques, le chemin des disciples d’Emmaüs.

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