Juillet - Août 2019 : Des hannetons à la louange Enregistrer au format PDF

Dimanche 30 juin 2019

J’ai rencontré il y a quelques semaines Isabelle, une protestante, qui voulait discuter « Eglise Verte », la démarche de conversion écologique dans laquelle notre paroisse de la Bonne Nouvelle s’engage depuis quelques mois.
Etant bavarde, la conversation a dérivé vers … les hannetons ! Isabelle s’attristait d’en voir moins, alors que je n’en avais jamais vu. Nous avons alors disserté sur la disparition des insectes sous l’effet du travail de l’Homme et de son engagement à corps (et à cœur) perdu(s) pour une croissance sans limite.
Le travail (au sens de la Doctrine Sociale de l’Église) est sans aucun doute nécessaire à chacun pour exprimer ses talents et sa dignité. Mais peut-on raisonnablement envisager de continuer une croissance infinie et destructrice pour l’Homme et notre terre ? Arrêtons de réduire l’Homme et la nature à leurs seules efficacités, ils sont féconds et non pas des marchandises.

Dans le cantique des créatures, Saint François d’Assise nous invitait à louer le Seigneur “avec toutes les créatures” et “pour sœur notre mère la Terre, laquelle nous porte et nous nourrit. “
Aujourd’hui, le Pape François nous enjoint d’entendre “tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres” (Laudato Si’ §49)
Lire et relire cette encyclique ne semble pas simple parce que cela remet en question beaucoup de choses que nous considérons comme acquises ou même dûes. En rédigeant cet édito, il m’est plus facile de laisser ma pensée filer par la fenêtre, en me demandant si la mer est bonne. Dehors, mes enfants rient dans le jardin. Leur cabane-bateau vogue dans l’herbe haute. Quelques abeilles bourdonnent, le soleil joue avec les feuilles des pommiers. Cette simple scène m’appelle à la louange.

Et à cet instant, je vois mon premier hanneton !

Ecouter le pape François nous parler d’écologie intégrale n’est pas si difficile. Il nous dit que l’écologie est indissociablement environnementale, morale, économique, sociale et politique. Il nous dit que nous avons tous une conversion à faire, qu’il est urgent d’être à l’écoute de nos frères pauvres et de notre sœur Terre. Il nous dit de le faire avec eux et avec elle, pour eux et pour elle. Il nous dit que chacun est à sa place et que c’est ensemble que nous avancerons.   
Parce que nous ne pouvons pas accepter que ce don magnifique de la Création soit perdu pour nos enfants, il faut nous engager à notre tour. Chacun selon ses possibilités doit prendre part à la protection de la maison commune.
Puisque il est trop tard pour être pessimistes, soyons optimistes !

Cet été, je souhaite que chacun puisse trouver sa cabane-bateau et naviguer dans l’herbe haute en écoutant le vent.
A l’ombre des pommiers, que chacun puisse relire l’encyclique Laudato Si’ à la lumière du cantique des créatures, avec le cœur humble et simple de saint François d’Assise.

Voir les grâces de Dieu et trouver des hannetons.
« Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres. »
Laudato Si’ §49