Janvier 2019 : Heureux les artisans de paix… (Mt 5, 9) Enregistrer au format PDF

Lundi 31 décembre 2018 — Dernier ajout mercredi 1er mai 2019

Au moment où j’écris ces lignes, le pays est secoué par la crise des gilets jaunes. Comme pour tant d’autres, l’anxiété parfois me traverse. Je vois cette violence qui me dépasse, même si je sais qu’elle n’est pas l’expression de tous les manifestants qui sont le plus souvent pacifiques.

Nous vivons pleinement la violence sociétale à travers le chômage, la précarité, les revenus trop bas dans nos foyers ou notre entourage. Dans le même temps, une extrême richesse, concentrée sur une minorité, exacerbe un grand sentiment d’injustice. De plus, indissociablement, nous sommes interpellés par les questions environnementales, comme le pape François dans sa lettre encyclique « Laudate Si’ » sur la sauvegarde de notre maison commune. Les dégradations ou destructions risquent bientôt d’être irréversibles.

Pourtant, nous croyons. Nous espérons. Le message de Jésus continue à nous animer : Heureux les artisans de paix… Ne sommes-nous pas appelés à être ces artisans (ceux qui fabriquent avec art) ?

Nous savons que la paix est « à fabriquer » en nous d’abord. Comment pourrions-nous donner le geste de paix à la messe, avec la colère en nous ? La paix naît de l’acceptation profonde de nos limites et de nos faiblesses, de notre capacité à prendre soin de nous, pour prendre soin des autres. La paix naît quand nous réussissons à nous mettre en retrait, quand nous réussissons à abandonner nos jugements, à pardonner…

Comme rien de tout ça n’est facile, la Bonne Nouvelle, c’est que Dieu ne nous laisse pas seuls. Il nous offre des outils précieux : prière, méditation, Parole, eucharistie… La paix est un fruit de l’Esprit qui a sa source en Dieu mais qui est déjà au plus profond de notre être dans cet amour inconditionnel qu’Il nous donne.

Alors, il devient plus facile d’être en paix avec les autres, de réaliser la paix autour de soi malgré les divergences de points de vue, en nourrissant le sentiment profond que, « si Dieu m’aime, il aime aussi l’autre. Celui-là même qui me dérange ou qui, peut-être, me veut du mal ».

Malgré les inquiétudes du monde, nous avons l’Espérance et ce souffle nous anime pour aborder cette nouvelle année 2019 dans la plénitude de la foi qui donne la paix au-delà des nuages…

Alors pour chacun d’entre nous et pour tous ceux qui nous entourent, bonne année 2019 !

Michèle Woiry-Colin