Eclairage

Il fait Dieu… Enregistrer au format PDF

Dimanche 1er décembre 2019 — Dernier ajout samedi 30 novembre 2019

Tirés du titre d’un livre de Didier Decoin paru en 1997, ces trois mots traduisent bien ma pensée pour évoquer le temps de Dieu dont est imprégnée la liturgie de L’Avent et de Noël. Pour cet écrivain saisi par la grâce d’une conversion fulgurante Il fait Dieu comme pour d’autres il fait jour.

En ce mois de décembre, les textes liturgiques nous tournent vers « Celui qui vient », mais si à Noël nous fêtons la venue de Jésus, les quatre semaines qui précèdent le 25 décembre orientent nos regards vers « la fin des temps », et « le retour du Seigneur dans la gloire ».

La prière du vieux Nathan

Le vieux Nathan qui n’est plus très riche, harcèle Dieu dans sa prière :

« Seigneur, qu’est-ce que c’est pour toi mille ans ? Un jour ? Une minute ? Tes mesures ne sont pas les nôtres ! Que représente pour toi un million d’euros ? Dix centimes ? S’il te plaît, donne-moi dix centimes… »
Une voix lui répond alors : « Attends une minute… »

Vous l’aurez deviné, dans sa prière Nathan s’inspire d’une phrase tirée de la deuxième lettre de Pierre (3, 2) : « Pour le Seigneur un seul jour est comme mille ans, et mille ans comme un jour », reprenant le psaume 90, 4.

Eh oui cher Nathan, le temps de Dieu n’est pas le nôtre ! Pourtant si tu ouvres ta Bible, tu verras qu’elle commence par la création du temps dans le Livre de la Genèse, et qu’elle se termine dans celui de l’Apocalypse par l’annonce du Christ revenant dans la gloire « à la fin des temps ». (Ap 22, 20). Toute l’histoire du Salut est tournée vers la fin des temps, vers le temps de Dieu appelé Kairos par opposition au Chronos qui marque le temps matériel de l’existence humaine. C’est un concept qu’on retrouve chez Paul : « C’est maintenant le moment favorable, c’est maintenant le jour du Salut » (2 Cor 6, 2) et chez l’évangéliste Luc avec « l’aujourd’hui de Dieu », un leitmotiv qui parcourt toute la vie du Christ.

Photo_il fait Dieu

Le temps de Dieu

Même si elle a été prononcée il y a deux mille ans, la Parole de Dieu me parle encore aujourd’hui. « Le temps favorable », « maintenant », « aujourd’hui » : autant de termes qui disent le temps de Dieu, ce moment présent qu’il m’est donné de vivre, celui où Dieu intervient dans ma vie à chaque instant de chaque jour si je sais l’écouter et l’entendre quand il passe…

« Aujourd’hui cette Parole s’accomplit » dit Jésus dans la synagogue de Nazareth (Lc 4, 21). Loin d’être un vieux récit, la Parole de Dieu est tellement vivante qu’elle me donne parfois l’impression d’avoir été écrite pour moi ! Ces moments de grâce sont comme des liens entre le temps de Dieu et le temps des hommes, des moments d’éternité dans lesquels « l’homme est du côté de Dieu et Dieu du côté de l’homme » comme nous disait le Père Loïc dans une homélie en citant saint Irénée : « Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. »

« Le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous » (Jn 1, 14) : à Noël Dieu est entré dans le temps pour rejoindre l’homme, pas en dominateur, mais en se faisant petit enfant, en se faisant humilité et dépouillement comme au temps de sa Passion, pour que seul un esprit de pauvreté et d’abandon soit capable de le reconnaître.

Un « éclairage » d’actualité…

Savez-vous pourquoi avant le Concile Vatican II on célébrait trois messes à Noël ? Rendues célèbres par Alphonse Daudet, elles avaient cependant un sens qui, d’après saint Thomas d’Aquin se rapportait à la triple naissance du Verbe : naissance éternelle par le Père, naissance temporelle par Marie et naissance spirituelle en chacun de nous.

Joyeux Noël ! Que Jésus fasse en vous sa demeure.