Homélie du 25 mars Fête de l’Annonciation Enregistrer au format PDF

Mardi 24 mars 2020 — Dernier ajout dimanche 26 avril 2020
  • Lecture du livre de prophète Isaïe 7, 10-14 ; 8,10
  • Psaume 39
  • Lecture de la lettre aux Hébreux 10, 4-10
  • Évangile selon saint Luc 1,26-38

Ce Mercredi 25 mars, nous fêtons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde : « Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! _ Dans cette condition inattendue, nous avons eu à cœur de préparer cette fête en priant le chapelet, nous unissant à la prière du sanctuaire de Notre Dame de Toute Aide de Querrien, ou encore au sanctuaire de Notre Dame de Lourdes en direct via la télévision KTO. Dans le contexte de confinement nous avons peut-être été plus attentifs au son des cloches de nos églises trois fois par jour, qui nous appellent à la prière de l’Angélus. Cette prière qui nous rappelle justement le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu… Aussi pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion ?
Laissons-nous guider tout simplement par cette prière de l’Angélus :

Ce Mercredi 25 mars, nous fêtons l’Annonciation du Seigneur. Elle eut lieu à Nazareth, chez une jeune fille, Marie. Dans sa maison, le Ciel rencontre la terre ; dans sa maison, le salut du monde est conçu ; dans sa maison, une joie nouvelle apparaît, la joie de l’Évangile, une joie pour le monde : « Car rien n’est impossible à Dieu » (Lc 1, 37).

Cette année, sans l’avoir voulu, nous fêterons l’Annonciation, confinés, dans nos maisons ! Dans cette condition inattendue, nous avons eu à cœur de préparer cette fête en priant le chapelet, nous unissant à la prière du sanctuaire de Notre Dame de Toute Aide de Querrien, ou encore au sanctuaire de Notre Dame de Lourdes en direct via la télévision KTO. Dans le contexte de confinement nous avons peut-être été plus attentifs au son des cloches de nos églises trois fois par jour, qui nous appellent à la prière de l’Angélus. Cette prière qui nous rappelle justement le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu… Aussi pouvons-nous célébrer cette fête plus en vérité, plus intensément, plus en communion ? Laissons-nous guider tout simplement par cette prière de l’Angélus :

V. L’ange du Seigneur apporta l’annonce à Marie
R/ Et elle conçut du Saint-Esprit.

De manière inattendue, Dieu fait irruption chez la jeune fille de son choix. Le salut du monde s’est déroulé lors d’une rencontre entre l’Ange Gabriel et une jeune fille, nommée Marie. Dieu prend l’initiative de ce dialogue qui demeure toujours aussi bouleversant. Dieu fait souvent le premier pas, c’est lui qui se déplace pour demander le oui de sa créature. L’Annonciation n’est pas le début de l’œuvre de Dieu en Marie. Déjà il l’a comblée de grâce dans sa conception immaculée. Marie est tout entière objet de la miséricorde divine. En comblant de grâce la vierge Marie, Dieu se prépare une demeure digne de lui. L’Ange est émerveillé devant la beauté de celle qui rayonne la grâce de Dieu. Marie à son tour est dans l’étonnement, elle pressent un mystère qui la dépasse. Elle s’inquiète et s’interroge, elle se trouble. Lorsque l’homme rencontre Dieu, son cœur est rempli de crainte et de fascination. Fascination face à celui qui peut tellement combler son désir, et crainte née du respect dans un face à face qui le dépasse. Si c’est à Marie que l’Ange s’adresse, c’est nous tous que Dieu rejoint dans son mystère. Il nous est demandé d’avoir confiance en nous, l’œuvre de salut du monde se révèle. Dieu prend l’initiative, c’est lui qui fait le premier pas.

L’Ange rassure Marie devant le projet inouï qui résonne à ses oreilles. Devenir la mère de Jésus.

V. Voici la Servante du Seigneur
R/ Qu’il me soit fait selon votre parole.

Le « fiat », le « oui » de Marie est prononcé dans la pauvreté et dans l’humilité. C’est un mystère de fécondité et de joie ou Dieu se donne dans un Amour infini. Il réveille en nous ce qu’il a tenu caché, les possibilités d’amour infini enfouies dans le secret de notre cœur. Le mystère resté dans le silence depuis toujours est aujourd’hui manifesté. « Voici la servante du Seigneur : que tout m’advienne selon ta parole. » Le ‘oui’ de Marie ouvre définitivement l’histoire du salut à la venue de Dieu dans notre humanité, à l’Incarnation du Fils de Dieu en notre chair, à l’habitation parmi nous du Verbe de Dieu. Marie se définit comme celle qui se met au service du projet de Dieu. Devenant la mère du Sauveur, la mère de Dieu, la mère de l’Église, Marie, dès l’Annonciation, se présente comme celle qui sert : répondre à la volonté de Dieu, c’est servir. De la crèche à Bethléem et jusqu’au pied de la croix, Marie se donnera tout entière à son enfant ; ce Fils qu’elle suivra jusqu’au bout, dans les moments joyeux de Cana, dans les moments douloureux de la Passion et dans les moments glorieux du matin de Pâques. Marie, servante du Seigneur, annonce, d’une certaine manière, le chemin que va tracer le Christ « qui n’est pas venu pour être servi mais pour servir » (Mt 20,28). Lors du lavement des pieds, le Christ Serviteur pose le signe du service comme le signe même de l’identité de ses disciples : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. » (Jn 13, 14) La fête de l’Annonciation, à travers les paroles de Marie – la servante du Seigneur – annonce déjà Celui qui va venir comme Serviteur de notre humanité, au service de tous.

V. Et le Verbe s’est fait chair
R/ Et il a habité parmi nous.

Marie, fille d’Israël, accueille avec joie cette bonne nouvelle que lui apporte l’ange : la promesse de Dieu va se réaliser en elle. Accueillir la Parole de Dieu, ce n’est pas simplement la laisser résonner à nos oreilles puis l’oublier, mais, à la suite de Marie, la laisser prendre corps en nous et en notre cœur. Saint Jean Eudes, à la suite de saint Augustin, aimait à dire que le plus grand mérite de Marie n’est pas d’avoir porté Jésus en son sein mais en son cœur. Accueillir le Verbe fait chair, c’est laisser le Christ prendre sa place dans tout ce qui fait notre existence, nos joies, nos peines et notre espérance ; en quelques mots : « laisser le Christ vivre et régner en nous ». (saint Jean Eudes). Le « oui » de Marie ouvre un temps nouveau et définitif dans l’histoire de l’humanité et inaugure la venue du salut promis par Dieu. En cette fête de l’Annonciation, ce « oui » de la première des disciples est une invitation à chacun de nous : acceptons de nous laisser surprendre par les appels de Dieu et apprenons à dire « oui » à la venue du Christ en nos vies. Si, à la suite de Marie, nous osons prononcer ce « oui » au projet de Dieu sur nous, alors il nous faut, comme elle, vêtus du tablier du service, nous mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et oser avancer, sur des chemins souvent rudes et inconnus, dans la confiance, là où le Seigneur nous conduira, « car rien n’est impossible à Dieu. » (Lc1, 37)

V. Priez pour nous, sainte Mère de Dieu
R/ Afin que nous soyons rendus dignes des promesses du Christ.

Marie, en nous donnant ton fils, tu nous donnes tout ce dont nous avons besoin pour devenir fils et filles de Dieu. Donne nous d’accueillir la grâce du mystère de l’incarnation qui se prolonge dans ce temps de l’Eglise qui est le nôtre.
En ces temps troublés, où beaucoup de nos contemporains, à cause du coronavirus, voient l’avenir avec inquiétude, demandons au Seigneur que par l’intercession de Notre-Dame de l’Annonciation, il renouvelle en nous la confiance, l’espérance et la paix du cœur. Marie, parce que tu es le sourire de Dieu, le reflet de la lumière du Christ, la demeure de l’Esprit Saint, parce que tu es l’étoile du matin, la porte du ciel et la première créature ressuscitée, nous te prions et te confions nos vies à l’heure où tant d’hommes et de femmes craignent pour leur santé. Assiste les malades et les personnels soignants, accueille ceux qui sont morts et sois le réconfort des familles.
Notre Dame de Toute-Aide, sois notre paix dans l’inquiétude, notre force dans la fragilité. Allège nos épreuves. Protège les plus faibles. Garde-nous dans le respect et l’attention à nos prochains. Soutiens l’effort de tous les soignants. Inspire les décisions de nos responsables politiques et les efforts des chercheurs.

Prière de conclusion de l’Angélus :

Que ta grâce, Seigneur, se répande en nos cœurs. Par le message de l’ange, tu nous as fait connaître l’Incarnation de ton Fils bien aimé, conduis-nous, par sa passion et par sa croix jusqu’à la gloire de la résurrection. Par le Christ, notre Seigneur. Amen

Didier Delépine, prêtre

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