Culture et foi 2011

Foi et développement durable (Archives) Enregistrer au format PDF

Matinée « parlons-en » du 8 août 2011
Mercredi 21 septembre 2011 — Dernier ajout mardi 8 août 2017

Le sujet traité par Xavier Lefort lors de la matinée « parlons-en » du 8 août dernier peut paraître quelque peu ésotérique. En réalité, il s’agit d’un sujet à la fois concret et actuel, qui touche à nos comportements les plus quotidiens et dont les enjeux sont lourds de conséquences à la fois sur le plan moral et théologique. IMGP5099 r 1080e La première partie de la conférence a été consacrée à un « état des lieux » de la crise économique et environnementale que nous traversons et à ses conséquences en terme de développement durable, autrement dit sur « notre capacité à répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Xavier Lefort a ainsi donné quelques chiffres qu’il est utile d’avoir à l’esprit. La planète, qui compte aujourd’hui 7 milliards de personnes et qui en comptera vraisemblablement 10 vers 2030, va voir sa consommation en ressources énergétiques augmenter de 50% dans les 20 prochaines années. Or ces ressources sont non seulement limitées mais surtout en voie d’épuisement. Pour maintenir notre mode de vie actuel, notamment dans les pays développés, nous sommes donc en train d’épuiser les ressources de la planète. A cet égard, l’empreinte écologique qui mesure la surface de terre nécessaire à une personne pour produire sa nourriture et les biens qu’elle consomme et pour éliminer ses déchets montre que nous « consommons » aujourd’hui près d’une planète et demie.

Face à ce constat, nous avons, comme l’écrit Marc Stenger, évêque de Troyes, à construire un nouveau futur et dans cette construction, les chrétiens ne peuvent ni ne doivent être absents. L’Église est en réalité très présente dans le débat du développement durable et de l’écologie comme l’a montré Xavier Lefort. Accusée longtemps et à tort d’être à l’origine de la crise écologique actuelle au nom d’une vision erronée de la Bible (l’homme aurait reçu de Dieu le droit de soumettre et d’asservir sans limite la création, Gen 1, 28), l’Église au contraire a toujours prôné une gestion durable des ressources de la planète, dans le respect d’une création confiée à l’homme comme intendant du Créateur. Paul VI et ses successeurs se sont toujours exprimés sur ces sujets de manière forte et prophétique. Après avoir rappelé que Jean-Paul II a, en 1979, déclaré St François d’Assise patron des écologistes, Xavier Lefort a balayé les grands textes du magistère depuis Redemptor Hominis jusqu’à la dernière encyclique sociale de Benoît XVI Caritas in Veritate. Il a notamment rappelé que pour Jean-Paul II : l’humanité se rend compte qu’elle ne peut continuer à utiliser les biens de la terre comme par le passé (…) et qu’il n’est pas juste qu’un petit nombre de privilégiés accumulent des bien superflus en dilapidant les ressources disponibles. Il a également largement cité les textes du pape actuel qui rappelle le lien étroit entre l’humanité et son environnement et la nécessité de fonder notre développement sur la solidarité et la justice intergénérationnelles.

Intendants d’une création qui nous a été confiée, nous devons prendre conscience que nous n’avons pas d’autre terre que celle où nous vivons, et qu’il n’y a pas comme le disait le Père Varillon «  un autre monde » que nous rejoindrions dans l’au-delà mais bien « ce monde devenu autre » ; notre relation en tant que chrétiens à l’environnement et à la création est ainsi profondément marquée par notre conviction que c’est la Création tout entière qui est appelée à la Résurrection. Il s’agit là d’un enseignement constant de l’Église depuis les premiers siècles, enseignement résumé dans la magnifique formule de Paul Claudel ce n’est pas seulement sur le bois de la Croix que le Rédempteur est étendu mais sur l’univers tout entier (…) qu’il restitue à son Père en ce souffle qui est une parole.