Quatrième dimanche de l’Avent

Dimanche 22 décembre 2019 : réouverture de l’église de Pleumeur-Bodou Enregistrer au format PDF

Réouverture de l’église de Pleumeur-Bodou
Mardi 24 décembre 2019

Homélie du père Mickaël Levacher prononcée lors de la messe de réouverture de l’église de Pleumeur-Bodou.

4e dimanche Avent (A) Pleumeur-Bodou, 22/12/19.

Is 7, 10-16 ; Ps 23 ; Rm 1, 1-7 ; Mt 1, 18-24

Réouverture de l’église de Pleumeur-Bodou après peinture de la voute.

Cette semaine, j’ai vu un reportage sur la cathédrale Notre-Dame de Paris 8 mois après l’incendie qui a embrasé sa charpente. Aujourd’hui, elle est devenue une église « à ciel ouvert » : avec ses 3 ouvertures béantes dans la voûte dont une provoquée par la chute de la flèche.

A Pleumeur-Bodou, heureusement, la voute de notre église est en meilleur état, fraichement repeinte ; nous pouvons même la contempler en levant les yeux.

La voûte est une merveille d’architecture : par la disposition minutieuse des voussoirs, et en particulier le positionnement de la clé de voute (voussoir central), elle permet d’équilibrer les forces en les répartissant sur les piliers. Si elle nous apparaît robuste, la voûte n’en demeure pas moins une paroi fragile (pas faite pour être utilisée comme plancher).

La voûte que nous pouvons admirer aujourd’hui, notamment dans les transepts et les bas-côtés : de couleur bleue, peut nous rappeler la voûte céleste.

La voûte nous offre à la fois, un abri contre les intempéries et une ouverture, une élévation vers le Ciel.

Je quitte quelques instants « notre » voute de Pleumeur-Bodou pour réécouter Saint Paul dans sa Lettre aux Romains (Rm 1) nous rappeler le cœur de notre foi :

« Cet Évangile (…) concerne son Fils qui,

1 / selon la chair, est né de la descendance de David

2 / et, selon l’Esprit de sainteté, a été établi dans sa puissance de Fils de Dieu par sa résurrection d’entre les morts,

lui, Jésus Christ, notre Seigneur. »

Saint Paul nous présente deux événements majeurs de la vie du Christ : sa naissance et sa résurrection : deux événements majeurs dans la foi chrétienne, que nous célébrons solennellement chaque année à Noël et Pâques.

Deux événements qui ont changé la face du monde, et pas seulement la face mais le monde tout entier, de « fond en comble »

1 / La naissance du Christ : sa venue au monde, sur notre terre, parmi nous, dans notre condition humaine.

2 / La résurrection du Christ (étroitement liée à son ascension au Ciel et au don de l’Esprit à la Pentecôte)

A deux reprises, Jésus Christ, le Fils de Dieu est venu déchirer la séparation qui existait entre Dieu et les hommes, entre le Ciel et la terre ; il a percé la voûte céleste qui apparaissait jusque-là infranchissable aux yeux des hommes.

Par sa naissance à Bethléem et sa résurrection d’entre les morts, il a opéré deux ouvertures béantes dans la voûte céleste : deux « déchirures » qui ont transformé définitivement notre monde (à sa mort, le voile du temple « se déchira »).

Ces deux brisures opérés dans la voute de notre monde sont pour nous salutaires, essentielles pour vivre maintenant et dans l’éternité.

cf. une image : la coquille d’œuf (solide et fragile) brisée par le bec du poussin afin de voir le jour, de naître à la vie. Une « brisure » salutaire !

Par ses deux naissances : sur terre et au « Ciel », le Christ a ouvert une brèche qui ne pourra plus jamais se refermer. De la voûte céleste qui pouvait nous apparaître comme une frontière infranchissable, il a fait un lieu de passage, un moyen de connexion.

En ce 4e dimanche de l’Avent, nous sont rappelés deux noms donnés au Fils de Dieu

1 / Emmanuel (prophétie d’Isaïe) : « Dieu-avec-nous »  naissance

2 / Jésus (nom donné par Joseph) : « Le Seigneur sauve »  Résurrection

A quelques jours de Noël, entendons la parole de l’ange (le messager de Dieu) à Joseph : « Ne crains pas … ». C’est la parole que Dieu adresse à notre humanité : « Ne crains pas, tu n’es pas seul, JE SUIS AVEC TOI »

En ce jour d’inauguration des travaux de notre église de Pleumeur-Bodou, rendons grâce au Seigneur pour le témoignage laissé par les générations de chrétiens qui nous ont précédés. Ces églises de pierres plantées au cœur de nos villages ont encore quelque chose à nous dire : lieux de rencontres, de partage d’émotions (souvenirs …) , de prière, de contemplation, d’élévation de l’âme, de communion entre la terre et le ciel. Elles offrent une ouverture vers Dieu, une connexion (sans fil) avec le Ciel.

Dans le cantique breton « Illiz ma farouz », nous disons notre attachement à l’ église :

Salud deoc’h, Iliz ma farrouz, Je vous salue, église de ma paroisse,

Salud deoc’h, IIliz ma zadou kozh, Je vous salue, église de mes ancêtres,

Ma c’halon a zeu da domman Mon cœur se réchauffe

Illiz santel pa ho kwelan. Quand je vous vois, sainte église.

Notre vie chrétienne commence par l’entrée dans l’église au jour de notre baptême (nous remettons la « nef » vers l’Orient, le côté du matin de Pâques) et elle se termine à nouveau dans l’église au jour de notre enterrement ou plutôt de notre « enciellement ». Entre les deux, espérons qu’il y ait bien d’autres occasions d’y passer, d’y aller et venir pour vivre, pour grandir dans la foi, et vivre davantage notre vie quotidienne en communion avec le Ciel.

Voir en ligne : Photos de la cérémonie et du pot de l’amitié qui a suivi.