Edito

Mai 2010 : De Pâques à Pentecôte Enregistrer au format PDF

Mardi 4 mai 2010 — Dernier ajout jeudi 3 août 2017

De Pâques à Pentecôte : « Entre épreuves et renouveaux, la passion de l’Évangile ».

Nous avons vécu tout au long de la Semaine Sainte de bien belles célébrations. Chacune avec sa propre tonalité : contemplative le Jeudi Saint, méditative et silencieuse le Vendredi Saint, vivante et joyeuse le Samedi Saint, fervente et populaire le dimanche de Pâques. Des églises bien remplies ont rendu la prière plus vibrante encore. Cet itinéraire pascal a sûrement permis à beaucoup d’hommes et de femmes, d’enfants et de jeunes, de plonger au cœur de la Foi dans le Christ sauveur mort et Ressuscité pour nous. Nous n’oublierons pas bien sûr les baptêmes de nos amis Alexandre, Tifenn et Bérangère ainsi que la confirmation d’Anne-Marie, Olivier, Paul et Nicolas. Grâce à eux, il nous a été donné de réaliser la force des trois sacrements de l’initiation et la beauté d’une Église en chemin.

La joie de Pâques se poursuit sept semaines encore jusqu’à Pentecôte. Car Pentecôte fait partie du mystère pascal. Sans le don de l’Esprit Saint aux disciples, le message de la Résurrection n’aurait pas gagné l’humanité et la vie du Christ n’aurait pas transformé la vie des hommes.

Pentecôte réveille l’Église dans sa relation au monde.

Le livre des Actes raconte que les disciples, portés par l’Esprit Saint au jour de la Pentecôte, proclamaient la Nouvelle du Ressuscité dans la langue maternelle de chacun : Ces hommes qui parlent ne sont-ils pas tous des Galiléens ? Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans sa langue maternelle ? Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, des bords de la mer Noire, de la province d’Asie, de la Phrygie, de la Pamphylie, de l’Égypte et de la Libye proche de Cyrène, Romains résidant ici, Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous, nous les entendons proclamer dans nos langues les merveilles de Dieu.

La langue, c’est bien plus que des mots. Une langue porte avec elle toute une vision particulière du monde et de la vie, une manière commune de partager l’existence. En parlant la langue de chacun, les disciples témoignent qu’ils ont su rejoindre par l’Esprit, les différentes cultures de leur temps qui expriment les interrogations et les aspirations des hommes. Ils ont su y semer les mots de l’Évangile. Parce que la parole des apôtres rejoignait la vie des hommes et, tout en étant inspirée de la fidélité à l’Évangile, elle ne laissait pas indifférent.

Aujourd’hui, nous avons besoin de retrouver ce sens du dialogue qui passe par une grande attention, un profond respect des autres et le courage de témoigner simplement et sans honte de ses convictions.

Pour nous aider à vivre aujourd’hui selon cet Esprit de Pentecôte, les évêques de France ont fait le point. Ils encouragent les catholiques, notamment tous ceux et celles qui sont engagés dans la vie de l’Église, à s’interroger sur la manière de se situer dans la société française actuelle.

« Entre épreuves et renouveaux la passion de l’Évangile [1] », ce rapport, présenté par Mgr Claude Dagens, fait suite à la lettre aux Catholiques, publiée il y a quelques années, et qui a orienté en profondeur la démarche de l’Église en France. Le conseil presbytéral [2], quant à lui, reprendra ce document dans sa session de fin mai. Ce sera une manière pour lui de relire la vie de notre Église et de discerner ce qui y germe malgré, ou peut-être même à cause des épreuves de notre temps, à la lumière du mystère pascal du Christ mort et ressuscité.

[1Entre épreuves et renouveaux, la passion de l’Evangile, indifférence religieuse, visibilité de l’Eglise et évangélisation, Rapport Dagens du 3 novembre 2009, Bayard/Cerf/Fleurus-Mame

[2Conseil qui rassemble les délégués des prêtres élus ou désignés autour de l’évêque.