Lundi 1er octobre 2018 — Dernier ajout samedi 6 octobre 2018

Octobre 2018 : Un temps favorable pour l’Église Enregistrer au format PDF

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Comme vous sans doute, j’ai été marqué par les récentes révélations sur « les abus sexuels, abus de pouvoir et de conscience commis sur des mineurs par un nombre important de clercs et de personnes consacrées »1. Même si nous ne sommes pas personnellement responsables, nous recevons en plein cœur l’appel pressant du pape François à prier et à jeûner pour « réveiller notre conscience, notre solidarité et notre engagement »1, en luttant en particulier contre le cléricalisme.

A l’occasion de la canonisation du pape Paul VI le 14 octobre, nous nous souviendrons de celui qui a pris le relais de saint Jean XXIII pour achever le Concile Vatican II. Cet événement de l’Eglise universelle n’est pas dernière nous, il est devant nous comme un défi à relever si nous voulons être l’Eglise du Christ et non plus seulement « rendre service à Mr le Curé ».

Je vous livre ci-dessous l’intervention que je faisais lors de la 2e assemblée de notre synode diocésain sur le thème des relations prêtres-laïcs au sein de nos communautés paroissiales.


Comment aider chacun à mieux vivre sa vocation propre : de prêtre, de baptisé ?

Comment arriver à plus de maturité dans nos relations prêtres-laïcs ?

Encore aujourd’hui, nous peinons à sortir du schéma dans lequel le prêtre est perçu comme le vis-à-vis de la communauté paroissiale : un peu comme le professeur en face de sa classe ou comme le surveillant sur la cour de récréation (celui par qui tout devait passer).

Quand je dis « nous », c’est aussi bien nous, prêtres, que vous, paroissiens. Nous sommes complices d’entretenir ce vieux schéma, qui peut paraître rassurant, voire même confortable pour certains.

Nous, prêtres, sommes complices de cette régression lorsque nous sollicitons uniquement les paroissiens pour le fonctionnement interne de notre paroisse (boucher des « trous ») au lieu de vous éveiller à votre responsabilité de disciples missionnaires dans le monde : porter la Bonne Nouvelle de Jésus Christ dans vos familles, professions, quartiers…

Vous, frères et sœurs baptisés, êtes complices de cette régression lorsque vous refusez d’aller voir votre curé par crainte de le déranger ou que vous n’allez le voir que lorsque ça va mal, pour des réclamations ou des soucis à régler.

Aujourd’hui, 50 ans après le Concile Vatican II, nous aspirons à un autre type de relations : plus fraternelle, plus mature, plus féconde, entre membres d’une même famille, chacun à sa place, selon sa vocation.

Personnellement, comme prêtre, je n’attends ni d’être plaint ni d’être mis sur un piédestal, j’attends seulement de pouvoir exercer mon ministère en compagnie de baptisés, adultes, qui aiment l’Eglise et veulent servir le Christ dans leurs frères.


C’est maintenant le temps favorable pour consentir résolument à être l’Eglise : Peuple de Dieu, Corps du Christ et Temple de l’Esprit, dans le souffle de Vatican II !

Abbé Mickaël LEVACHER, curé

1 Lettre du pape François au Peuple de Dieu, 20 août 2018 (présenté en page 4 de ce bulletin)