Éclairage
Jeudi 2 février 2017 — Dernier ajout mardi 6 novembre 2018

Le temps ordinaire Enregistrer au format PDF

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La crèche est rangée, et avec elle le sapin, les santons et le souvenir de l’odeur chaleureuse du temps liturgique dit « privilégié » de Noël, précédé par celui de l’Avent.

Lundi 9 janvier, après le dimanche de l’Épiphanie, nous avons fêté le Baptême du Christ et nous sommes entrés dans ce qu’on appelle le temps ordinaire. Comment ne pas ressentir une certaine nostalgie après ces temps dits « forts » ? Une nostalgie que nous retrouverons après la Pentecôte quand se terminera le temps pascal précédé du Carême, et que le cierge pascal quittera le chœur pour la sacristie, lors de nos eucharisties du dimanche.

Est-ce que cela voudrait dire qu’après le temps de la fête viendrait celui de la monotonie ?

Non, pas vraiment. Le temps ordinaire comporte 34 semaines, il est appelé aussi le temps de l’Église. « Ordinaire » pourquoi ? Tout simplement parce qu’on ne peut pas vivre toute l’année dans l’extraordinaire et parce qu`il se situe entre deux cycles festifs de l’année liturgique : Noël et Pâques. En fait il n’a rien d’ordinaire ! Durant trente-quatre semaines, on va cheminer vers le Père, dans la lumière du Christ, sous la conduite de l`Esprit. C’est le temps de la fidélité et de la patience pendant lequel le chrétien apprend à vivre l`expérience du disciple, celle du compagnonnage avec Jésus qui enseigne. Pour une fois, « on a le temps », et avec Jésus nous prenons les chemins qui partent des bords du Jourdain, traversent les villages de Galilée, et montent vers Jérusalem en suivant les trois années de sa vie publique.

Deux périodes le constituent : la première commence après le temps de Noël jusqu’au Mercredi des Cendres non compris ; la seconde, beaucoup plus longue, s’étend du lundi de Pentecôte jusqu’au premier dimanche de l’Avent non compris.
Pendant ce temps, l’Église continue à célébrer dimanche après dimanche, le mystère pascal, c’est-à-dire le mystère de la mort et de la résurrection du Christ.

Le temps ordinaire donne aux fidèles l’occasion de progresser dans leur connaissance et leur compréhension des textes bibliques. Pendant les dimanches « ordinaires » en effet, à l’inverse des temps forts de l’année où les lectures sont choisies de façon thématique, on fait une lecture continue des textes de l’année en cours, selon un parcours conçu sur trois années A, B et C. (On est actuellement dans l’année A, consacrée à l’Évangile de saint Matthieu).

La couleur liturgique du temps ordinaire est le vert, couleur de l’espérance du veilleur qui attend le Seigneur.

Et du côté de la liturgie ?

La liturgie doit permettre la rencontre de l’assemblée avec le Seigneur. L’enjeu liturgique du temps ordinaire est de retrouver l’essentiel, de faire simple tout en marquant la dignité du mystère, d’être juste dans le choix des chants, des compositions florales, des gestes, des postures.

« ll faut donc veiller à ne pas surcharger la liturgie des dimanches du temps ordinaire qui nécessite un déroulement simple sans surcharge rituelle ou musicale. Sinon, comment l’ordinaire se distinguerait-il de la fête ? Nous avons besoin de cette spiritualité paisible, qui nous permet de mieux vivre les temps de fête et nous évite d’épuiser équipes liturgiques et communautés chrétiennes dans des célébrations trop riches, où l’on chante beaucoup trop et qui finissent en indigestion ».
Serge Kerrien in Église en Côtes d’Armor, septembre 2015

Dieu nous invite à être grand dans les petites choses pour pouvoir être grand dans les grandes. disait saint François-Xavier. N`est-ce pas une belle illustration du sens du temps ordinaire ?

Commencé au Baptême du Christ il se termine à la Pentecôte. Oui, nés en Christ dans la grâce de Noël, nous cheminons avec lui pour nous ouvrir à la grâce la plus grande qui soit : le don de son Esprit. Belle marche à la suite du Christ !

Article paru dans le n°374 de février 2017 du bulletin D’une rive à l’autre.